Le chantier de Saint-Nazaire va bien. Son carnet de commandes est plein, le marché des paquebots est au beau fixe. La diversification amorcée ces dernières années porte ses fruits. La direction comme les salariés sont mobilisés au jour le jour pour réussir l’avenir industriel du chantier. C’est quand la situation d’une entreprise est bonne qu’il est pertinent de poser la question de son avenir.

La navale est un des plus beaux « fleurons industriels » des Pays de la Loire. De quoi susciter les convoitises d’investisseurs étrangers, y compris ceux qui pourraient avoir une vision à court terme. Le chantier n’est pas qu’une belle entreprise, c’est aussi un des piliers de l’écosystème industriel des Pays de la Loire. Son avenir ne peut pas se décider sans nous.

Depuis un an et l’annonce de la mise en vente du chantier par ses actionnaires Coréens, aucun projet de reprise sérieux ne garantit l’ancrage à Saint-Nazaire des emplois, des compétences et des centre de décisions, aucun projet ne donne au chantier les moyens de son ambition industrielle.

Nous ne pouvons plus attendre qu’un repreneur se manifeste. Le temps est venu de prendre l’offensive et d’ouvrir le débat sur une piste de réflexion supplémentaire pour assurer l’avenir du chantier : celle d’une solution nationale et régionale pour un chantier naval qui soit une entreprise française, indépendante, même si elle a pour vocation de nouer des partenariats avec d’autres entreprises en France ou à l’étranger.

Je crois possible aujourd’hui de faire émerger un consortium d’acteurs privés qui puisse jouer le rôle d’actionnaire de référence en fédérant, autour du management du chantier, des entreprises nationales et régionales, des groupes industriels comme des PME et des ETI des Pays de la Loire. Il reviendrait alors à cet actionnaire de référence d’assumer le pilotage stratégique de l’entreprise en bonne intelligence avec l’Etat et les partenaires locaux.

Les contacts que j’ai eus ces derniers jours avec des industriels locaux et nationaux me rendent optimiste sur leur capacité à s’organiser et à formuler une offre.

L’Etat qui dispose de 33,3% au capital de STX doit jouer son rôle d’actionnaire et privilégier toute initiative allant dans ce sens. Son maintien au capital est essentiel pour garantir l’accès du chantier au financement des commandes et des investissements industriels.

Si les investisseurs privés le souhaitent, les acteurs locaux, citoyens, salariés et Conseil régional peuvent accompagner cette démarche. À eux de nous dire si c’est bien le cas, j’y suis pour ma part disposé.

Oui, le chantier est l’héritier du patrimoine naval de Saint-Nazaire mais il est aussi son avenir. C’est un patrimoine dynamique, en mouvement et créateur. Ancrons-le encore plus profondément en Pays de la Loire.

Dans cette région, nous entendons, collectivement, être maîtres de notre destin.