La presse nationale, certains écologistes ici ou à Paris (pas tous), la droite régionale veulent faire du transfert de l’aéroport le sujet central de la campagne des régionales. Je m’y refuse catégoriquement. D’abord parce que ce projet est celui de l’Etat. Et si le Conseil régional le soutient, il n’y consacre que 0,5% de son budget d’investissement sur une mandature. Ensuite, parce que les enjeux réels de l’élection régionale sont ailleurs : quelle politique pour l’emploi voulons-nous ? Quel avenir pour nos industries ? Quelle politique pour les jeunes et l’éducation ? Quelle politique de formation des adultes ? Quelle politique ferroviaire ? Culturelle ? De solidarité ? Pour la transition énergétique ? Pour les territoires ? La liste sera longue, et nous avons quelques mois pour en débattre.

Mais puisque le calendrier judiciaire nous y ramène, je veux dans la transparence, l’honnêteté et la clarté, livrer ici ma position.

Rappelons d’abord un fait : « NDDL » est un dossier qui divise toutes les familles politiques. Nos amis écologistes et moi divergeons sur ce sujet, c’est une évidence. Mais Les Républicains et l’UDI divergent aussi, ceci est moins connu. À de nombreuses occasions, les élus UDI du Conseil régional, alliés aujourd’hui au candidat vendéen de la droite, ont voté avec Europe Écologie contre le projet. Aucune formation politique n’a, seule, la majorité dans l’hémicycle régional sur « NDDL ». Pas plus le PS aujourd’hui, que le PS ou l’UMP demain.

Pour ma part j’en tire une conclusion : les élus favorables au projet doivent additionner leurs voix et éviter de faire de ce sujet un objet de chicaya politicienne entre eux. Soyons clairs : l’immense majorité de nos concitoyens sont lassés de ce débat. Ils sont exaspérés des blocages, des rebondissements, des hésitations, et bien sûr des agissements coupables sur la ZAD et des manifestations violentes. Les gens en ont marre, et nous disent très majoritairement : « construisez-le cet aéroport, qu’on en finisse ! »

Les opposants à l’aéroport ont su s’unir. Tous ceux qui sont convaincus que l‘intérêt des Pays de la Loire est en jeu doivent mettre de côté leurs étiquettes politiques et s’unir aussi. Ils doivent s’engager à travailler ensemble pour mener à bien ce projet, quel que soit le résultat des élections à venir. Pour ma part, je m’y engage. C’est dans cet esprit que j’ai par exemple travaillé à Angers avec Christophe Béchu pour permettre la construction de la Cité de l’objet connecté. C’est ce qu’attendent les habitants et les acteurs économiques de notre région : nous devons taire nos divisions et sortir des clivages électoraux pour que se construise l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Lorsque la droite accuse les socialistes, elle fragilise le projet. Lorsqu’elle demande un moratoire, elle le fragilise. Lorsqu’elle conditionne son soutien à un pont sur la Loire irréaliste à court ou moyen terme, elle le fragilise encore. Bruno Retailleau a changé plusieurs fois de position. Lui aussi doit maintenant s’exprimer dans la clarté.

Vous l’aurez compris, pour ma part, je reste convaincu que ce projet doit se faire. Il s’agit d’une conviction personnelle. Elle est forte et je n’en changerai pas.

Elle ne s’appuie pas sur tel ou tel argument plutôt qu’un autre. Je suis exaspéré de certaines polémiques dans lesquelles des chiffres incompréhensibles sont jetés à la figure des partisans ou des opposants sans que les citoyens ne puissent démêler le vrai du faux. Il est vrai que le trafic à Nantes Atlantique a dépassé toutes les prévisions faites lors de la déclaration d’utilité publique. Mais il est vrai aussi que les avions sont plus gros et mieux remplis. Tous ces débats sont sans fin. Et si certains opposants et certains partisans partagent une chose depuis de nombreuses années, c’est sans doute le sens de la caricature et le goût de l’exagération.

Pour ma part, je suis convaincu que le transfert de l’aéroport renforcera notre ouverture internationale et permettra un développement de l’activité économique et de l’emploi dans notre région. Et je suis convaincu que ceci n’est ni possible ni souhaitable à l’emplacement de Nantes-Atlantique. L’aéroport actuel est enclavé entre un site naturel autrement plus remarquable que le bocage du nord de Nantes, le Lac de Grand-lieu, et une agglomération en forte croissance qui a besoin de se densifier pour limiter un étalement urbain dont les conséquences écologiques seront bien plus graves.

La déclaration d’utilité publique a été maintes fois attaquée devant les tribunaux et confirmée par la justice. Toutes les procédures d’expulsion le sont aussi. Le tribunal administratif de Nantes dira prochainement si les travaux peuvent débuter.

Je suis candidat à l’élection régionale pour présider un territoire qui a toujours su favoriser un développement économique respectueux d’une qualité de vie pour les hommes et les femmes qui l’habitent. Je suis candidat dans une région qui assume une ambition européenne et internationale plus forte, et s’en donne les moyens. Transférer l’aéroport de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes c’est continuer dans cette voie, et c’est aussi en responsabilité faire ce que l’on attend des élus de la République, au-delà des clivages politiques : respecter l’Etat de droit, et faire appliquer l’Etat de droit.