Contribution d’Emmanuel

La robotisation est en train de changer radicalement l’industrie. En Pays de Loire, Airbus, Daher et d’autres s’y lancent pour créer l’usine du futur, parce qu’ils en ont les moyens. Pas la myriade de PME qui gravite autour d’eux. La Région doit lancer un plan régional d’aide à la robotisation pour les PME comme l’Etat l’a fait avec le plan Robot Start PME. Mais la Région doit absolument l’accompagner d’un volet humain d’aide à la reconversion/formation de ceux qui vont voir leur travail disparaître à cause des robots (ce seront les plus faibles…) et également créer une filière de formation/enseignement/apprentissage aux métiers liés à la robotisation des PME industrielles. La robotisation : cercle vertueux pour l’emploi ? C’est possible avec un package aide/emploi piloté par la Région.

L’industrie mondiale vit actuellement une révolution dont on parle peu : la robotisation. Mais la France est en retard (170.000 robots en Allemagne, contre 35.000 en France). Si la lutte contre la désindustrialisation est une priorité de la Région des Pays de Loire, il faut engager un plan de soutien sur 2 leviers : la machine et l’humain.

En Pays de Loire, nous n’avons pas réellement de pôle de recherche sur ce domaine de la robotisation. Malgré des PME innovantes (comme Gobbio qui travaille sur l’impression 3D) et des centres comme le CETIM ou l’IRT Jules Verne très en pointe, des régions ont pris de l’avance en amont de cette filière. Ainsi, les région Rhône-Alpes et PACA ont créé un « hub » de recherche sur les robots et les « cobots » (robots colaboratifs) que ce soit pour l’industrie ou non.

Mais la Région Pays de Loire a un avantage par rapport à d’autres. En effet, nous avons la chance d’avoir des très grosses entreprises qui se lancent dans l’usine du futur : Daher (équipementier aéronautique avec son usine du futur à Saint Nazaire visitée par E.Macron), Airbus et d’autres. Ces grosses sociétés investissent massivement et n’ont pas besoin d’un soutien direct des collectivités. Par contre, leurs sous-traitants et fournisseurs  à travers la myriade de PME qui gravite autour de ces grosses entreprises ne sont pas dans le même cas. Les PME se lancent difficilement dans la robotisation. Elles ont beaucoup de mal à investir par manque de moyens, de mal à se lancer par manque de compétences et connaissances dans le domaine, de mal à l’accepter par peur du robot qui « tue l’emploi ». La Région doit les cibler en ayant un rôle moteur pour dépasser tous ces freins.

La Région doit financer un plan régional de soutien à l’acquisition de robots par les PME ligériennes qui doit être un copier/coller du plan « Robot Start PME » lancé par le gouvernement en 2013 et qui est une réussite exemplaire : 250 millions d’Euros d’aides à l’investissement pour les PME de moins de 250 salariés qui se lancent dans leur premier effort de robotisation.

En parallèle, la Région doit accompagner le volet humain. La robotisation a des conséquences sur l’emploi. Quoi qu’on en dise, un robot dans une entreprise supprime le travail humain à faible valeur ajoutée. Certes, il crée d’autres besoins : régleurs, électriciens, programmateurs, ingénieurs… Mais il faut reconvertir celui qui se voit prendre son travail. Même si ce n’est pas politiquement correct, un cariste remplacé par un robot, n’est pas le futur ingénieur qui programmera ce même robot. Donc il faut que la Région accompagne la reconversion/formation par anticipation de ceux qui vont voir leur travail disparaître ou changer.

De plus, la Région a la compétence sur la formation et l’enseignement. La Région devrait créer une filière d’apprentissage sur les métiers autour des robots en usine. Les PME vont en être demandeuses tout comme les grosses sociétés précitées dans cette note.

Ainsi, la Région pourrait proposer un « package » : aides à la robotisation (avec une méthode et un formalisme simplifié – pas d’usine à gaz !) à condition que la PME anticipe la reconversion/formation du personnel concerné. Et comme les PME n’ont pas les connaissances/compétences/ressources pour gérer ce genre de démarche, l’effet « package » proposé par la Région (aides/formation/filière d’apprentissage) et maîtrisé par la Région puisque dans ses compétences directes, va rassurer et motiver les PME pour se moderniser, sans faire de casse au niveau de l’emploi, et ainsi accompagner les grosses industries de la région. C’est un cercle vertueux et la Région peut assez facilement en être l’initiatrice.


Réponse de Christophe Clergeau

Merci de cette synthèse Emmanuel qui démontre bien d’intérêt de la robotisation lorsqu’elle est créatrice d’emplois, de nouveaux services, de nouvelles manières de travailler. La Cité de l’objet connecté à Angers est un projet fortement soutenu par la région. Il est aussi exemplaire de notre volonté d’aller plus loin. « Aller plus loin » implique bien entendu d’offrir un panel de formations adaptés, pour les salariés, pour les jeunes, pour les demandeurs d’emploi. La région possède aussi ce levier pour anticiper les métiers sous tensions et ceux qui seront amenés à évoluer.

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